Echos du Conseil communal

Le plafond d’endettement heureusement réduit.

L’Entente Morgienne s’est clairement prononcée pour une maitrise de la dette communale lors du débat tenu par le Conseil communal le 7 décembre 2016 dernier. Notre conseiller Christian Hugonnet a argumenté au nom de l’EM pour un refus du plafond proposé par la Municipalité qui entendait augmenter la dette communale actuellement de quelques 55 millions à 195 millions en fin de législature !

Cette augmentation, la commune ne peut pas se la permettre tant il est vrai qu’elle n’a pas les ressources pour payer les intérêts actuels, mais surtout à venir, ni pour la rembourser un jour. Tout l’argumentaire de la Municipalité repose en effet sur le fait qu’elle pense être en mesure d’améliorer son autofinancement en le multipliant par 2,5 sur la législature. Cela ressemble à de la méthode Coué consistant à prendre ses désirs pour des réalités. Le raisonnement de la Municipalité est fragile ; en effet il table sur le fait que les taux hypothécaires moyens baisseraient encore, non pas juste à court terme, mais elle l’oublie, sciemment ou non, sur une période d’engagement de 30 ans. Il suffirait également selon elle de grandir et d’accueillir de nouveaux habitants pour améliorer les finances communales. Observons pour cela la ville de Vevey et ses nouvelles projections à cet égard pour se rendre compte que cette hypothèse est risquée.

L’Entente Morgienne a donc défendu la position que le scénario municipal n’était pas tenable, qu’il ouvrait la porte à des déficits chroniques futurs et en corollaire à des augmentations d’impôts. Par ailleurs, procéder ainsi consisterait à prendre en otage les législatures suivantes qui ne disposeront de plus aucune marge de manoeuvre, car nous aurons en effet utilisé en 5 ans toute notre capacité d’endettement. Le monde s’arrêtera-t-il de tourner à la fin de la législature? Il ne s’agit pas seulement de marquer de son empreinte une législature politique mais penser que les conséquences devront être aussi assumées à très long terme.

Le PLR a défendu la même position et soumis un amendement au préavis de la Municipalité limitant le plafond d’endettement à 160 millions au lieu des 195 millions proposés. Nous nous y sommes ralliés, estimant qu’il s’agissait d’un compromis raisonnable, ne mettant pas en danger les projets prioritaires de la commune.

L’aile gauche du Conseil communal a réagi en invoquant le fait que réduire ce plafond d’endettement de 35 millions reviendrait à renoncer notamment à des écoles. Nous prenons note de cette priorité politique avec consternation. L’Entente Morgienne estime que la formation, la cohésion sociale mais également la durabilité sont des priorités. Contrairement à l’aile gauche du PSIG, nous ne réduirions pas les investissements dans la formation, mais serions plutôt en faveur de se poser la question si le remodelage du Parc des Sports et la construction du centre aquatique pour un montant de 50 miliions ne serait pas démesuré, ou encore si le parking sous les quais est vraiment nécessaire et faisable, et si la requalification de la Rue de Lausanne répond à un besoin réel de la population.

Nous entendons désormais que la Municipalité se tienne à ce cadre donné par le Conseil communal et qu’elle gère ses priorités, son budget et sa trésorerie avec soin et discernement pour ne pas dépasser cette limite de 160 millions, limite qui est déjà très importante. La Municipalité s’est elle-même fixé des objectifs ambitieux en affirmant qu’elle saura multiplier son autofinancement par 2,5 en une législature, sans augmentation d’impôts. Qu’elle le prouve ! C’est un véritable défi, vu la systématique des budgets négatifs qui ont été proposés au Conseil communal depuis au moins 8 ans. Elle devra pourtant s’y tenir sans en dévier, car nous y veillerons dans l’intérêt de tous les citoyens.

Le comité de l’EM

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